Extrait du site de notre Représentation permanente auprès de l’ONU
1. Présentation
Le Mali fait face à une grave crise institutionnelle et sécuritaire à la suite de la prise du pouvoir, le 22 mars 2012, à quelques jours des élections présidentielles, par des éléments de l’armée. Les mutins ont arrêté une grande partie des membres du gouvernement.
Ce coup de force a été suivi d’un effondrement de l’armée malienne dans la partie nord du pays où la rébellion touarègue, aux côtés de laquelle évoluent des éléments associés à Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), a remporté d’importants gains territoriaux, s’emparant successivement des villes de Kindal, Gao et Tombouctou. Le groupe islamiste Ansar Eddine, associé à AQMI, s’est joint aux combats, prenant le contrôle de Tombouctou dont il a expulsé le MNLA le 2 avril. AQMI est responsable de l’enlèvement et de la mort de plusieurs ressortissants français dans la région du Sahel.
Le principal groupe d’opposition touarègue, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), revendique les trois gouvernorats de Kidal, Gao et Tombouctou afin de créer un nouvel Etat, la République de l’Azawad, dont il a unilatéralement déclaré l’indépendance le 6 avril 2012. La France, avec la communauté internationale, a considéré cette déclaration d’indépendance comme « nulle et non avenue ».
Pour amener les mutins à restituer le pouvoir aux autorités civiles, la CEDEAO a adopté le 2 avril des sanctions économiques, financières et diplomatiques à l’encontre de la junte à Bamako, en décrétant notamment un embargo total sur le pays. Le 7 avril 2012, ces sanctions ont été levées à la suite de l’acceptation par le CNRDRE d’un accord-cadre négocié par la CEDEAO prévoyant un plan de transition pour un retour à l’ordre constitutionnel avec le transfert du pouvoir exécutif au président de l’Assemblée nationale

2. Derniers développements à New York
Le 15 juin 2012, le Conseil de sécurité s’est réuni avec une délégation conjointe de l’Union africaine et de la CEDEAO pour examiner les moyens de sauvegarder l’ordre constitutionnel au Mali ainsi que l’unité et l’intégrité du pays, notamment à travers le déploiement d’une force régionale. Dans son intervention le représentant de la France s’est inquiété de la fragilité des institutions de la transition et, exprimant son soutien à la CEDEAO, a manifesté son souhait que le Conseil de sécurité prenne en compte les demandes de la Communauté lorsqu’elles seraient précisées.
Le 11 mai 2012, le Conseil de sécurité réuni en consultations privées a entendu M. Saïd Djinnit, Représentant spécial pour l’Afrique de l’Ouest, sur la situation dans la région. Le Conseil a pu évoquer à cette occasion la situation au Mali.
Le représentant de la France a salué la nomination d’un gouvernement de transition. Au vu des affrontements à Bamako cet acquis devait cependant être consolidé. Les militaires, en particulier, devaient retourner dans leurs casernes. Le gouvernement devait par ailleurs se concentrer sur la crise au Nord du pays, la population faisant face à une situation humanitaire précaire et à la menace des groupes terroristes. Une médiation de la CEDEAO afin de trouver une solution au Nord était envisageable, et le représentant de la France a invité les Etats membres à se coordonner, notamment avec les pays de la région.
Le 9 avril 2012, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse appelant à la mise en œuvre immédiate de l’accord cadre signé entre la CEDEAO et les mutins. Le Conseil a par ailleurs souligné son attachement à la préservation de l’unité du Mali et rejeté toute déclaration d’indépendance de la part des rebelles. Exprimant ses inquiétudes face à l’intensification de la menace terroriste au Nord du pays, en particulier provenant d’Aqmi, il a condamné l’enlèvement de diplomates algériens à Gao. Le Conseil a réitéré son soutien aux efforts de la CEDEAO dans sa recherche d’options concrètes pour rétablir la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité du Mali.
Le 22 mars 2012, le Conseil de sécurité des Nations Unies a immédiatement condamné le coup de force militaire en adoptant déclaration à la presse, dans laquelle il appelle « à la restauration immédiate de l’ordre constitutionnel et au rétablissement du gouvernement démocratiquement élu ». Il a renouvelé cette condamnation dans sa déclaration présidentielle du 26 mars 2012 consacrée à la situation au Sahel.
3. Déclarations de la France
6 avril 2012 - Déclaration unilatérale d’indépendance de l’Azawad - Déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes
3 avril 2012 – Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies
4. Textes de référence
9 avril 2012 - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité
4 avril 2012 - Paix et sécurité en Afrique - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
26 mars 2012 - Paix et sécurité en Afrique - Déclaration du Président du Conseil de sécurité sur la situation au Sahel
22 mars 2012 - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité
